Ludvig Holberg, né le 3 décembre 1684 à Bergen et mort le 28 janvier 1754 à Copenhague, est le premier grand écrivain nordique des temps modernes. Après la période florissante des eddas, le latin était devenu la langue littéraire des pays scandinaves. Le génie de Holberg va conférer à la langue vernaculaire ses lettres de noblesse, inspiré par l'humanisme, le siècle des Lumières et le baroque.
Étant né en Norvège mais ayant passé presque toute sa vie à Copenhague, il est revendiqué à la fois par les littératures danoise et norvégienne. Il faut préciser qu'à cette époque les deux pays étaient réunis sous la couronne des rois de Danemark.
Biographie
Fils d'un officier de l'armée norvégienne, Ludvig Holberg vit jusqu'à l'âge de dix-huit ans à Bergen, port relativement florissant grâce au commerce du bois qui transitait vers l'Angleterre. En 1702, Holberg quitte la Norvège pour s'établir à Copenhague qui est alors la seule ville universitaire de la double monarchie. Avec ses 70 000 habitants, la cité « offre le spectacle d'une vie active où la bourgeoisie atteint à une réelle aisance et court à ses plaisirs ». De plus, les souverains Frédéric IV et surtout Frédéric V, fortement nationalistes et marqués par la religion luthérienne, veulent remplacer le latin par le danois dans l'enseignement et la vie culturelle. Une langue littéraire doit naître et Ludvig Holberg vient à point nommé pour l'enrichir de son génie créateur. Très tôt il apprend le latin, parle l'allemand, l'anglais et le français. Cette pratique des langues étrangères lui permettra de découvrir les principales littératures européennes qu'il va imiter avant de trouver son inspiration personnelle. Après plusieurs voyages de formation en Allemagne, aux Pays Bas, en Angleterre et en France entre 1704 et 1716, il revient se fixer définitivement à Copenhague où le roi Frédéric IV lui offre la chaire de métaphysique à l'Université (1717).