Portrait de Machado de Assis
Photo: auteur inconnu · Wikimedia Commons

Auteur

Machado de Assis

Écrivain et journaliste brésilien (1839-1908)

Naissance
21 juin 1839, Rio de Janeiro
Décès
29 septembre 1908, Rio de Janeiro
Nationalité
Brésil
Profession
Écrivain ou écrivaine, linguiste, poète ou poétesse, journaliste et romancier ou romancière
Mouvement
Romantisme et réalisme
Œuvres principales
Chrysalidas · O Alienista · Dom Casmurro · Mémoires posthumes de Braz Cubas

Vie et œuvre

Joaquim Maria Machado de Assis (Rio de Janeiro, 1839 — ibidem, 1908) est un écrivain et journaliste brésilien, considéré par beaucoup de critiques, d’universitaires, de gens de lettres et de lecteurs comme l’une des grandes figures, sinon la plus grande, de la littérature brésilienne.

Issu d’une famille pauvre, Machado vint au monde sur l’une des collines (morros) situées dans la proche banlieue de Rio de Janeiro et qui servaient de domaines de plaisance (chácara) aux nantis de la ville, en l’espèce à une dame de l’aristocratie carioca. Son père, mulâtre, fils d’esclaves affranchis, et sa mère, blanche d’origine portugaise, faisaient partie de la domesticité dudit domaine, mais étaient alphabétisés. À l’issue de sa scolarité, qui se limita à fréquenter l’école primaire publique, en plus de quelques leçons de français dispensées par un prêtre du lieu, Machado vaqua à une série de petits emplois, notamment comme typographe dès l’âge de 13 ans, et plus tard comme réviseur de texte et chroniqueur pour un journal. Autodidacte de nature, il apprit, outre le français, également l’anglais, l’allemand et le grec ancien, et acquit bientôt une culture littéraire considérable. Quoique captivé par le style de vie bohème, et plus encore par la problématique sociale, il s’efforça de s’élever sur l’échelle sociale et finit par entrer dans la fonction publique, obtenant en 1872 un poste au ministère de l’Agriculture, puis au ministère du Commerce, et enfin au ministère des Travaux publics, où il gravit régulièrement les échelons jusqu’à être nommé directeur général de la comptabilité vers la fin de sa carrière. Il fut par ailleurs, aux côtés de plusieurs de ses confrères, le cofondateur en 1897 de l’Académie brésilienne des lettres, dont il sera élu à l’unanimité le premier président.

Parallèlement à son parcours de fonctionnaire, il mena une intense carrière littéraire, acquérant, par de premières poésies et des chroniques publiées dans des journaux et des revues, une notoriété précoce, qui ne cessa de croître par la suite, faisant de lui de son vivant l’un des écrivains les plus fêtés et les plus prestigieux, même si l’accueil que lui réservèrent certains de ses contemporains fut parfois mitigé. Ses obsèques, auxquelles assista une foule nombreuse, furent comparées à celles de Victor Hugo. Pratiquant quasiment tous les genres littéraires, il suivit en observateur les mutations les plus diverses survenues au Brésil et dans le monde à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle — il fut témoin ainsi de l’abolition de l'esclavage dans son pays et du bouleversement politique que représenta pour le Brésil la proclamation de la république, en lieu et place de la monarchie impériale —, et se fera le grand rapporteur et commentateur des événements politiques et sociaux de son époque. Sa vaste œuvre se compose de dix romans, d’autant de pièces de théâtre, de deux centaines de nouvelles, de cinq recueils de poèmes et sonnets, d’articles et d’essais littéraires, et de plus de six cents chroniques. Il est d’usage de subdiviser sa production littéraire en deux phases distinctes. La première comprend des œuvres telles que les romans Ressurreição, A Mão e a Luva, Helena et Iaiá Garcia, récits assez mièvres, encore tout imprégnés de l’esprit hérité du romantisme (quoique moins emphatiques et plus sobres de style que ceux de ses confrères écrivains), et marqués — comme aime à le dire la critique moderne — par le conventionnalisme, avec certes çà et là une esquisse de caractère de bonne tenue. La parution en 1881 de son roman Mémoires posthumes de Brás Cubas, d’un esprit et d’une facture tout différents, marque le début de sa deuxième phase, ou phase réaliste (dite aussi « de la maturité ») et fait de Machado de Assis l’introducteur du réalisme au Brésil. Ce roman forme avec Quincas Borba et Dom Casmurro ce qu’il est convenu d’appeler sa Trilogie réaliste, généralement considérée comme son chef-d’œuvre. Les créations de la deuxième phase, à laquelle appartiennent encore Esaü et Jacob et Memorial de Aires, si elles ne sont pas encore totalement exemptes de quelques résidus romantiques, se caractérisent par une forme plus déliée (composition fragmentaire, structuration en courts chapitres, intertextualité, métalangage, etc.) d’une part, et par leur ironie et leur tonalité pessimiste, voire acrimonieuse, d’autre part; sous le rapport de la thématique, la démarcation entre les deux phases apparaît moins rigoureuse. Quant à son activité de chroniqueur journalistique, jamais interrompue et prolifique, elle traverse toute sa carrière d’écrivain; ses billets hebdomadaires, où l’auteur ne s’embarrassait guère des conventionnalismes et abordait avec franchise toutes sortes de questions sociales — se félicitant par exemple de l’abolition de l’esclavage et prenant parti pour les Conselheiristes dans le conflit de Canudos alors en gestation — sont là pour démentir les accusations, portées contre lui après sa mort, de retranchement hautain et de reniement de ses origines.

Texte: “Joaquim Maria Machado de Assis”, de Wikipédia, l'encyclopédie libre, sous licence CC BY-SA 4.0. Dates et faits : Wikidata.

Collection

Livres de Machado de Assis

14 livres