Léon Paul Blouet, connu sous le nom de plume Max O'Rell (né le 2 mars 1848 à Avranches et mort le 24 mai 1903 à Paris) est un écrivain et conférencier français du XIXe siècle.
Il connut son plus grand succès aux États-Unis et en Grande-Bretagne à la fin du dix-neuvième siècle. Célèbre pour ses descriptions humoristiques des mœurs et coutumes des grandes nations occidentales, il a rendu populaire le personnage de John Bull dans son premier grand succès John Bull et son île (1883).
Jeunesse
Léon-Pierre Blouet à Avranches, le 3 mars 1847. Son grand-père paternel Jean-François Blouet était concierge de la prison du Mont St Michel de 1806 à 1818. À l'âge de 12 ans, il déménagea à Paris et suivit les cours du Conservatoire et du collège. Après le collège à Paris, il obtint une licence de lettres en 1865 puis une licence de sciences à la Sorbonne en 1866. Il s'engage à l'École militaire qu'il quitte en 1869 avec le grade de lieutenant de l'artillerie française. Après 5 mois passés en Algérie, survient la guerre de 1870 contre la Prusse. Blouet participe à la bataille de Wörth en août 1870 et est fait prisonnier à Sedan. Après cinq mois de captivité à la forteresse de Wesel, au bord du Rhin, il est libéré et immédiatement engagé contre la Commune de Paris. Blessé gravement au bras droit dans une bataille sur le pont de Neuilly, Blouet dut passer huit mois dans un hôpital militaire, avant d'être libéré de ses obligations, avec les honneurs et une petite pension.
Professeur et homme de lettres à Londres
En 1872, il décida de devenir journaliste et partit à Londres. Il obtint un poste d'enseignant de français dans la St Paul's School de Londres en 1874. À la fin de cette année il se marie avec Mary Bartlett dans le Devonshire. Leur fille Léonie naît en 1875. Au début des années 1880, Blouet commença la préparation d'un livre de saynètes humoristiques probablement inspiré par les Notes sur l'Angleterre d'Hippolyte Taine. John Bull et son île fut publié en 1883 par Calmann-Lévy, sous le pseudonyme de Max O'Rell, un pseudonyme adopté, pour préserver la dignité de sa position d'enseignant. Le livre fait un survol des coutumes des Anglais, de leurs particularités et leurs institutions, en discutant de divers aspects- en commençant par les ambitions coloniales britanniques jusqu’au concept anglo-Saxon du ‘home’. La version française connut un succès immédiat, avec au moins cinquante-sept éditions en deux ans. En décembre 1883, Max O'Rell, assisté de sa femme Mary, avait créé une version anglaise qui se vendit à 275 000 exemplaires en Angleterre et à 200 000 exemplaires aux États-Unis. Le livre fut traduit en dix-sept langues. Ce succès encouragea Max O’Rell à continuer à créer des recueils d’anecdotes amusantes sur les mœurs et les coutumes. Les Filles de John Bull fut publié de nouveau par Calmann-Lévy, et pendant les vingt années suivantes, O’Rell allait produire douze autres livres, la majorité publiée simultanément à Paris, Londres et à New York.