Elizabeth Jane Cochrane, dite Nellie Bly, née le 5 mai 1864 à Cochran's Mills dans le comté d'Armstrong en Pennsylvanie et morte le 27 janvier 1922 à New York, est une journaliste américaine.
Pionnière du reportage clandestin, une forme de journalisme d'investigation, et de l'émancipation féminine, elle a réalisé, seule, un tour du monde en 72 jours entre la fin de l’année 1889 et le début de l'année 1890. Elle est considérée comme l'inventrice de ce qu'on a appelé dans les années 1960 le journalisme gonzo: un journalisme subjectif, écrit à la première personne, grâce à une infiltration dans un milieu donné.
Enfance et débuts
Michael Cochrane, juge qui s'était élevé socialement après des débuts comme ouvrier agricole, épouse la mère de Nellie Bly, Mary Jane, en secondes noces, après avoir eu dix enfants d'un premier mariage. Elizabeth est son treizième enfant. Ce père meurt quand elle a six ans. Sa mère se remariera puis divorcera, ayant en tout cinq enfants.
Michael Cochrane ne laisse pas de testament et Elizabeth n’a pas accès à sa fortune. Destinée à devenir demoiselle de compagnie ou gouvernante, elle s'y refuse. Douée et imaginative, elle écrit des poèmes et des récits dès l'âge de seize ans. Elle entre à l’université d'État de l'Indiana pour devenir enseignante, mais, faute d’argent pour achever ses études, doit les abandonner. En 1880, elle part pour Pittsburgh chercher du travail.
En réaction à un article sexiste du journal Pittsburgh Dispatch (en) (« Ce à quoi sont bonnes les jeunes filles »), elle écrit au rédacteur en chef George Madden une lettre virulente signée « L’orpheline solitaire ». La lettre, incisive et particulièrement bien tournée, lui vaut une réponse de George Madden: il lui offre un poste si elle écrit un article qui montrerait son talent. Quelques jours plus tard, elle lui apporte un article consacré à la famille, au divorce et aux enfants. Elle est engagée et c'est George Madden qui lui trouve son nom de plume, Nellie Bly, d'après une chanson célèbre de Stephen Foster (Nelly Bly), afin de protéger sa famille des critiques.