Portrait de Tibullus
Photo: Lawrence Alma-Tadema · Wikimedia Commons

Auteur

Tibullus

Poète élégiaque latin

Naissance
55 av. J.-C., Gabies
Décès
19 av. J.-C., Rome
Nationalité
Rome antique
Profession
Poète ou poétesse et élégiste
Œuvres principales
Corpus Tibullianum

Vie et œuvre

Tibulle (en latin Albius Tibullus), né vers 54 ou 50 av. J.-C. et mort en 19-18 av. J.-C., est un poète romain élégiaque.

Avec Virgile et Horace, c'est un des inventeurs de la poésie champêtre.

Biographie

Tout ce qu'on sait de Tibulle, c'est ce que nous en disent ses Élégies ainsi qu'un passage d'Horace et une biographie anonyme tardive.

Il naît vers 50 av. J.-C. dans une famille équestre (riches chevaliers) campagnarde et aisée, mais dont la fortune avait été sérieusement écornée par les redistributions de terres aux vétérans en 41 av. J.-C., mesure qui toucha également Virgile, Horace et Properce. La propriété familiale se situait sur le territoire de Pedum, entre Tibur et Préneste. On suppose qu’il perdit son père dès sa plus jeune enfance et qu’il fut élevé entre sa mère et sa sœur. Tibulle était l'un des poètes les plus distingués du siècle d'Auguste. D'après les textes, il était beau et riche et serait venu à Rome pour y achever ses études.

Marcus Valerius Messalla Corvinus fut son protecteur constant et fit de lui un des favoris de son cercle. Tibulle prit part aux deux expéditions militaires menées par Messalla en Gaule et en Orient.

Son amitié avec Horace est attestée par les deux pièces que ce dernier lui adressa: l’ode I, 33 et l’épître I, 4.

Sa mort suivit de très près celle de Virgile, et la quasi-simultanéité de ces deux disparitions ne manqua pas de frapper les esprits, ainsi qu’en témoigne cette épigramme d’un poète contemporain, Domitius Marsus:

Selon Jean-Yves Maleuvre, cette tragique coïncidence ne serait pas le pur fruit du hasard. J.-Y. Maleuvre met alors en cause la responsabilité de l’empereur Auguste. En ce qui concerne Tibulle, ses soupçons se fondent particulièrement sur l’analyse de l’épître I, 4 d’Horace et de l’élégie III, 9 des Amours d’Ovide. Selon lui Tibulle aurait été un opposant du régime augustéen et un adepte assidu de la cacozelia latens, ou « écriture secrète » - qu'auraient aussi pratiquée Virgile, Horace, Properce et Ovide. Jean-Yves Maleuvre prétend s'appuyer sur une lecture attentive des deux pièces qu’Horace a adressées à Tibulle. L’épître I, 4, par exemple, précise que ce poète réputé tendre et inoffensif devait, dans ses élégies, « vaincre les crépuscules de Cassius de Parme »: or, Cassius de Parme était l’un des assassins de Jules César, et son calame valait une dague. Selon J.-Y. Maleuvre, Tibulle pouvait aussi difficilement oublier qu’Auguste avait été le grand maître d’œuvre des spoliations de 41. Cette interprétation de l'œuvre de Tibulle et de la poésie augustéenne, qui bouscule l'opinion généralement admise, fait l'objet d'âpres discussions parmi les spécialistes.

Texte: “Tibulle”, de Wikipédia, l'encyclopédie libre, sous licence CC BY-SA 4.0. Dates et faits : Wikidata.

Collection

Livres de Tibullus

1 livre