Portrait de Tristan Corbière
Photo: auteur inconnu · Wikimedia Commons

Auteur

Tristan Corbière

Poète français

Naissance
18 juillet 1845, Morlaix
Décès
1 mars 1875, Morlaix
Nationalité
France
Profession
Poète ou poétesse et écrivain ou écrivaine
Mouvement
Symbolisme

Vie et œuvre

Tristan Corbière, nom de plume d'Édouard-Joachim Corbière, né le 18 juillet 1845 à Ploujean (aujourd'hui à Morlaix), dans le Finistère, et mort le 1er mars 1875 à Morlaix, est un poète français.

Tristan Corbière mène une vie marginale et miséreuse, nourrie de deux grands échecs dus à sa maladie osseuse et à sa « laideur » presque imaginaire qu'il se complaît à accuser: celui de sa vie sentimentale — il aima sans retour une seule femme, Armida-Josefina Cuchiani, prénommée « Marcelle » dans son œuvre —, et celui de sa passion pour la mer — il rêvait de devenir marin, comme son père Édouard Corbière. Sa poésie porte en elle ces deux grandes blessures qui l'amèneront à adopter un style très cynique et incisif, envers lui-même autant qu'envers la vie et le monde qui l'entourent.

Ses vers teintés de symbolisme et aux idées proches du décadentisme rejettent et condamnent tous les courants littéraires de son époque, du romantisme au Parnasse, car leur créateur excentrique se veut selon les mots de Jules Laforgue « indéfinissable, incataloguable, pas être aimé, pas être haï; bref, déclassé de toutes les latitudes ». Son écriture poétique est caractérisée par l'abondance de ponctuation, le manque de polissage, et une anti-musicalité, le tout présentant un aspect heurté et brut, qui fut d'abord perçu comme une impuissance à mieux faire, avant d'être interprété plus tard comme une destructuration volontaire du vers (« cassant, concis, cinglant le vers à la cravache »).

À la publication en 1873 à compte d'auteur de son unique œuvre, Les Amours jaunes, il passe totalement inaperçu dans les milieux littéraires de l'époque, et il faudra attendre dix ans pour que Paul Verlaine le révèle au grand public dans son essai Les Poètes maudits.

À la page 81 de son œuvre originelle, un texte intitulé Pauvre Garçon semble exprimer une relation amoureuse déçue avec un autre homme: Lui (...) Était plat près de moi (...) Ce héros qui n’a pas su trouver qu’il m’aimait.

Corbière fut aussi un illustrateur et un caricaturiste de talent, comme en témoigne l'album ffocsoR, retrouvé en 2010 par Benoît Houzé à Glasgow, ainsi que les 24 caricatures relatives à la Commune de Paris, retrouvées en 2021 dans la bibliothèque de Bologne par Francesca Rossi.

Il meurt peut-être tuberculeux, célibataire sans enfant et sans travail, retranché dans son vieux manoir breton, incompris de ses contemporains (« Ah, si j'étais un peu compris ! »), et sa poésie novatrice ne sera reconnue que bien après sa mort.

Texte: “Tristan Corbière”, de Wikipédia, l'encyclopédie libre, sous licence CC BY-SA 4.0. Dates et faits : Wikidata.

Collection

Livres de Tristan Corbière

1 livre